Follow us

Trudel et le National Youth : une autre année réussie

Trudel et le National Youth : une autre année réussie

NYOC 2

Claude Gingras, La Presse, 7 août 2013

Le concert eut lieu (…) au Théâtre de Verdure, présenté par la Ville de Montréal et offert gratuitement à la population. Le vaste espace en gradins pouvant recevoir 2500 spectateurs était aux trois quarts rempli, malgré le grand froid qu’il y faisait et la menace d’un nouvel orage.

Présentement dans sa 53e saison, l’orchestre renouvelé chaque année est dirigé pour la cinquième fois par Alain Trudel. Il réunit, comme l’an dernier, 96 garçons et filles. On en compte 10 du Québec. La tournée 2013, qui comprend six villes, a débuté à Toronto le 29 juillet et se termine à Vancouver dimanche prochain.

Le concert fut une autre belle réussite, tout à fait dans la tradition du National Youth, et ce, malgré les conditions difficiles pour les auditeurs, assis sur des bancs de métal, difficiles, surtout, pour les jeunes musiciens, qui n’en laissèrent rien paraître, principalement au niveau de l’intonation.

Bien que le Théâtre de Verdure ne soit pas une salle de concert, l’acoustique y est convenable et la sonorisation n’y est pas vraiment gênante. Encore une fois, on note d’abord l’excellence de toutes les sections et celle de l’ensemble, et ce, à tous les égards : virtuosité et sonorité collectives, équilibre des forces, musicalité, expression. Le résultat est d’un niveau professionnel, rien de moins.

Dans les Four Sea Interludes de Britten, tirés de Peter Grimes, Alain Trudel, interprète autant que technicien d’orchestre, pousse l’aigu des bois et des violons vers une couleur qui correspond parfaitement à l’atmosphère malsaine de l’opéra.

Dans La Mer de Debussy, il traduit les aspects séduisants ou terrifiants des vagues en créant au sein de l’orchestre des mouvements plus réalistes que ne le veut une certaine tradition. Au premier tableau, il fait jouer très juste le périlleux passage des violoncelles en quatre divisi – ce qui n’est pas toujours le cas, même chez les orchestres aguerris.

Le soliste du Sibelius était un jeune violoniste torontois d’origine francophone, Blake Pouliot, 19 ans. Un autre nom qui s’ajoute à une liste déjà imposante de très jeunes instrumentistes d’ici qui étonnent par leur préparation, leur sérieux et leur maturité. Oublions un tout petit accident de rien du tout. Ce garçon projette un vrai son de violon, il joue juste et il joue en musicien. Et il a écouté 40 enregistrements du Concerto de Sibelius, qu’il a choisi après avoir hésité entre le premier de Chostakovitch et le Korngold.

La petite pièce descriptive qu’Aaron Copland a intitulée El Salon Mexico complétait bien le programme, avec ses rythmes et ses couleurs bien soulignés par Trudel, et ses solos de clarinette rendus « avec humour », comme le demande la partition.

Selon la tradition, les jeunes musiciens ont chanté deux petites pièces en guise de rappel.

Programme :

  • Four Sea Interludes, op. 33a, de l’opéra Peter Grimes (1945) – Britten
  • Premier movement (Allegro Moderato) du concerto pour violon et orchestre en ré mineur, op. 47 (1905) – Sibelius
  • El Salon Mexico (1936) – Copland
  • La mer (1905) – Debussy