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Le chef Alain Trudel fait preuve de savoir-faire et de goût

Le chef Alain Trudel fait preuve de savoir-faire et de goût

OSQ-Les-Planètes-06-03-13

OSQ: un vaisseau aux proportions idéales pour Les planètes, par Richard Boisvert, Le Soleil, 7 mars 2013

(Québec) Les membres de l’Orchestre symphonique de Québec, de l’Orchestre du Conservatoire et de l’Orchestre de la Faculté de musique formaient une vraie mer d’instrumentistes sur la scène de Louis-Fréchette mercredi soir. Presque aussi innombrable que les étoiles, la nuit, dans le ciel.

On savait qu’ils étaient 137 parce que le chef Alain Trudel nous avait soufflé la réponse. On se serait cru de retour à l’époque des larges vaisseaux pilotés par Yoav Talmi dans les symphonies de Mahler.

L’œuvre principale inscrite au programme, Les planètes, convenait magnifiquement à la rencontre désormais annuelle de l’OSQ et des étudiants avancés de la région. Bravo à la personne qui en a eu l’idée.

Pierre Chastenay avait la tâche de présenter chacune des planètes, ou, si vous préférez, chacun des sept mouvements composés par Gustav Holst. Son propos avait l’avantage d’être concis, clair et vivant. En quelques chiffres, histoire d’évoquer les gigantesques proportions du sujet, le conférencier a commencé à faire rêver son auditoire. La musique de Holst a fait le reste.

Dès les premières secondes de Mars, l’effet de masse impressionne. La profondeur des cordes d’abord. Imaginez le grave que procurent 10 contrebasses! De quoi faire le poids face aux bois et aux cuivres, même si ces derniers aussi étaient plus nombreux.

À la tête de cet effectif respectable, Alain Trudel avait les moyens de mettre en valeur la qualité des orchestrations de Holst. Le chef a d’ailleurs fait preuve de savoir-faire et de goût. Précis et efficace, il a su transmettre une belle confiance à son monde, intervenant là où il le fallait, quand il le fallait. Il s’est également appliqué à doser les effets.

Dans Jupiter, le public a eu droit à un grandiose unisson de cordes, généreux, mais jamais forcé. Le même public s’est abandonné au charme insaisissable de «Vénus» et du solo de violon de Darren Lowe. Le dernier mouvement, Neptune, s’est conclu sur un effet de diminuendo de voix de femmes des plus réussis. Le chant des sirènes, de toute évidence.

En première partie, l’exécution d’Orion, on a pu le sentir, constituait un moment important pas seulement pour la musique, mais pour l’art en général. Quel souffle! Tout de même touchant, ce Hé! Ho! final écrit par le compositeur Claude Vivier. Il résonnait à la manière d’un appel à l’immensité de la création.

Alain Trudel a ouvert le concert avec Big bang, une œuvre composée en 1999, dont on a pu apprécier le rythme, la poésie et la courte durée.

L’Orchestre symphonique de Québec, l’Orchestre du Conservatoire de musique de Québec, l’Orchestre de la Faculté de musique de l’Université Laval, le chœur de femmes de l’OSQ. Direction : Alain Trudel, chef d’orchestre. Pierre Chastenay, présentateur. Alain Trudel : Big Bang. Claude Vivier : Orion. Gustav Holst : Les planètes, op. 32. Mercredi soir à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre.